La Table-Ronde et Distribution des gilets de presse marquante la Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre des journalistes

Comme vous le savez, une vingtaine de journalistes exerçant au Cameroun ont été interpellés par les forces de l’ordre entre 2017 et 2019.

Allocution de Mme Allegra Baiocchi,

Coordonnateur Résident; Système des Nations Unies

et Coordonnateur Humanitaire au Cameroun

  • Monsieur Denis Nkwebo ; Président du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC),  
  • Mesdames et messieurs les panelistes,
  • Mesdames et messieurs les Journalistes,
  • Distingués invités, mesdames et messieurs, en vos titres et grades respectifs,

Au cours des douze dernières années, plus de 1000 journalistes ont été tués pour avoir voulu couvrir des évènements et informer le public. En moyenne, cela correspond à un mort tous les quatre jours. Dans neuf cas sur dix, les meurtriers restent impunis. L'impunité entraîne un plus grand nombre d'assassinats et représente souvent un facteur d'aggravation de conflit et d'effondrement des systèmes de droit et de justice. Les Nations Unies s’inquiète que l'impunité cause des dommages aux sociétés entières en dissimulant de graves violations des droits de l'homme, de la corruption et de la criminalité.

En reconnaissance des profondes conséquences de l’impunité, notamment en ce qui concerne les crimes commis contre les journalistes, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, lors de sa 68ème session en 2013, la résolution A/RES/68/163, qui proclame le 2 novembre « Journée Internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes ». Cette résolution a exhorté les États Membres à prendre des mesures précises pour combattre la culture actuelle d’impunité. La date a été choisie en mémoire de l’assassinat de deux journalistes français au Mali le 2 novembre 2013.

Cette résolution historique condamne toutes les attaques et violences perpétrées contre des journalistes et des travailleurs des médias. Elle exhorte également les États Membres à faire tout leur possible pour prévenir cette violence, en faire rendre compte, traduire en justice les auteurs des crimes commis contre des journalistes et des travailleurs des médias, et veiller à ce que les victimes disposent de recours appropriés. Elle demande en outre aux États de promouvoir un environnement sûr et propice dans lequel les journalistes puissent effectuer leur travail de manière indépendante et sans ingérence indue.

Ce chiffre n’inclut pas les nombreux autres journalistes qui, quotidiennement, subissent des agressions non mortelles, y compris la torture, la disparition forcée, la détention arbitraire, l’intimidation et le harcèlement, que ce soit en situation de conflit ou non. En outre, il existe, pour les femmes journalistes, des risques spécifiques, notamment les agressions sexuelles.

Fait inquiétant: sur dix crimes commis contre des professionnels des médias pendant la décennie écoulée, seul un a abouti à une condamnation. Cette impunité non seulement enhardit les criminels, mais aussi décourage la société, y compris les journalistes eux-mêmes. L’impunité favorise l’impunité et alimente un cercle vicieux.

Comme vous le savez, une vingtaine de journalistes exerçant au Cameroun ont été interpellés par les forces de l’ordre en plein exercice de leur métier pour divers motifs entre 2017 et 2019. Nous sommes heureux de constater que les concernés ont soit aussitôt été libérés, soit gardés à vue, soit placé en détention préventive.

Lorsqu’elles restent impunies, les agressions de journalistes envoient aux gens ordinaires un message très négatif selon lequel s’ils diffusent une vérité embarrassante ou des opinions indésirables, ils s’attireront des problèmes. En outre, la société perd confiance dans son propre système judiciaire, censé défendre les droits de chacun. Les auteurs de crimes contre des journalistes s’enhardissent donc lorsqu’ils se rendent compte qu’ils peuvent agresser leurs cibles sans jamais être traduits en justice.

La société tout entière pâtit de cette impunité. Le genre d’information qui est «passé sous silence» est exactement le genre que le public a besoin de connaître. L’information, qu’elle soit économique, sociale ou politique, est essentielle pour prendre des décisions optimales. Cet accès à une information fiable et de qualité est la pierre angulaire de la démocratie, de la bonne gouvernance et d’institutions efficaces.

Mr. António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies dit et permettez-moi de citer « Lorsque des journalistes sont pris pour cible, c’est la société tout entière qui en paie le prix. Si nous ne parvenons pas à les protéger, il nous sera extrêmement difficile de rester informés et de contribuer à la prise de décisions. Si les journalistes ne peuvent pas faire leur travail en toute sécurité, le monde de demain sera marqué par la confusion et la désinformation. » 

Notre présence ici aujourd’hui à cette table-ronde sous le thème: « Protection et sécurité des journalistes au Cameroun », et à la distribution des gilets de presse témoigne notre engagement à œuvrer pour la protection et la sécurité des journalistes dans l’exercice de leurs métiers au Cameroun.

This event aims to strengthen the fight against impunity and inscribe this issue in the larger framework to protect fundamental human rights and the realization of Sustainable Development. Impunity for crimes against journalists constitutes one of the main factors fuelling the cycle of violence against the exercise of freedom of expression. It weakens not only freedom of expression and access to information, but all other fundamental rights.

With over 1,000 journalists killed in the world in the last 12 years (2007 to 2018) according to UNESCO’s 2019 Report on ‘World Trends in Freedom of Expression and Media Development’, and only one case out of ten judicially solved, the level of impunity for crimes against journalists remains terribly high. This high level of impunity imposes a climate of fear in many parts of the world, not only for media professionals but also for the whole society, which is detrimental to the free circulation of information and the expression of opinions and ideas for all citizens. Impunity for crimes against journalists, and for the countless other forms of violence against them, such as arbitrary detention, tortures, kidnapping, gender-based violence, threats or harassments, are hindering the attainment of the Sustainable Development Goals.

Goal 16 on “Peace, Justice and Strong Institutions” is particularly relevant to the issue of safety of journalists, as it calls for the promotion of the rule of law and equal access to justice for all, as well as ensuring public access to information and protecting fundamental freedoms (target 16.10). The safety of journalists and ending impunity for crimes against them are major assets in ensuring fundamental freedoms and human rights, in particular freedom of expression and public access to information.

Accordingly, the UN has developed a specific indicator to review the implementation of target 16.10: “Number of verified cases of killing, kidnapping, enforced disappearance, arbitrary detention and torture of journalists, associated media personnel, trade unionists and human rights advocates”.

The UN Plan of Action on Safety of Journalists and the Issue of Impunity recommends working in cooperation with governments, professional associations to conduct awareness raising campaigns to reinforce prevention. UNESCO, in its Global Report on ‘World Trends in Freedom of Expression and Media Development’ related to the safety of journalists, attests that journalism is under fire across the world.

While more individuals have access to content than ever before, the combination of political polarization and technological change have facilitated the rapid spread of hate speech, misogyny and disinformation, often leading to disproportionate restrictions on freedom of expression.

We are thus here today to show our support and join you to raise awareness on the crimes against journalists and the challenge to bring the perpetrators to justice. We cannot stay silent while Journalists suffer violence for just doing their job. Since we cannot forget that #TruthNeverDies, We must all #KeepTruthAlive.

Combatting impunity for crimes against journalists is an important step in addressing the high levels of journalists killed, as it perpetuates the cycle of violence against them and sends a chilling message across society.

Je vous souhaite une bonne commémoration pour que vive la collaboration entre les Nations Unies et le Syndicat National des Journalistes du Cameroun

Je vous remercie.

 

Entités des Nations Unies impliquées dans cette initiative
UNESCO
Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture