FORUM NATIONAL DE LA FINANCE ISLAMIQUE

Les assises du premier Forum National de la Finance Islamique ont eu lieu sous la présidence de Monsieur Louis Paul MOTAZE, Ministre des Finances.

Les 10 et 11 décembre 2019 se sont tenues, au Palais des Congrès de Yaoundé, les assises du premier Forum National de la Finance Islamique sous la présidence de Monsieur Louis Paul MOTAZE, Ministre des Finances. Le Forum était organisé par le Programme d’Appui à la Stratégie Nationale de la Finance Islamique en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour la Développement dans le cadre de la mise en œuvre du projet d’appui à la résilience économique.

L’objectif du forum était de créer une prise de conscience de la finance islamique et d’échanger sur les opportunités de son développement au Cameroun et éventuellement dans les pays de la sous-région.

Plus précisément, il était question lors de ces importantes assises de : Présenter le paysage de la finance islamique comme un atout majeur de l’inclusion financière et sa contribution dans l’atteinte des ODD ; Echanger sur les enjeux, les défis, et les opportunités liés au développement de la finance islamique notamment au niveau de la réglementation et de la synergie entre marchés ; Présenter les opportunités d’affaires offertes au Cameroun aux investisseurs du monde de la Finance Islamique et examiner le potentiel développement des Sukuks (emprunts obligataires islamiques) ; et formuler des recommandations en vue d’un plan d’action du développement de la finance islamique au Cameroun.

Cette rencontre nationale de haut niveau a réuni d’importantes personnalités issues des institutions financières « conventionnelles » et des institutions islamiques de financement du développement, les décideurs publics, les responsables des institutions centrales d’émission monétaire, les acteurs du secteur privé et la société civile.

Relativement au thème central, le Forum national de la Finance Islamique 2019 a formulé les recommandations ci-après :

  1. SUR LE PLAN STRATEGIQUE
  • Développer des synergies via un cadre de concertations pour capter les opportunités de la finance islamique ; 
  • Opter pour une démarche progressive pour le développement de la finance islamique ;
  • Intensifier le partenariat avec la BID afin de bénéficier davantage des opportunités de financements en mode islamique ;
  • Veiller à la prise en compte des ODD dans la démarche de promotion de la finance islamique ;
  • Développer des partenariats publics-privés pour l’expérimentation des Sukuks (emprunt obligataire islamique) au Cameroun ;
  • Promouvoir des partenariats avec des établissements de microfinance des pays expérimentés notamment le Bangladesh, le Nigéria, le Sénégal, la Mauritanie pour un appui technique en vue de l’implémentation effective de la finance islamique dans le secteur ;
  • Réfléchir à une nouvelle appellation de ce mode financement dont l’intitulé actuel le limite à une religion ce qui semble en réduire la portée et la cible. De ce fait, le forum a proposé l’appellation de « finance participative » comme c’est le cas en Turquie et au Maroc.           
  1. SUR LE PLAN REGLEMENTAIRE
  • Mettre en place à court terme un environnement propice au développement de la finance islamique notamment au plan fiscal, réglementaire et juridique ; 
  • Adopter une démarche participative tenant compte de toutes les parties prenantes dans la mise en place de la réglementation CEMAC régissant la finance islamique ;
  • Ouvrir des réflexions sur l’intégration des spécificités des opérations financières islamiques dans le cadre comptable de manière à garantir la fiabilité de l’information financière ;
  1. SUR LE PLAN OPERATIONNEL
  • Définir un programme de formation des acteurs de la finance islamique via notamment un partenariat avec les organes spécialisés de la BID ;
  • Insérer des modules « finance islamique » dans les programmes de formations des instituts académiques et professionnels existants ;
  • Mettre sur un programme niveau « master » la finance islamique ;
  • Renforcer les capacités des cadres de l’administration et de l’ANEMCAM sur la finance islamique ;
  • Mettre en place une institution financière purement islamique au Cameroun (banque islamique) ;
  • Renforcer le partenariat avec le PNUD notamment les autres bureaux PNUD pour le développement de la finance islamique ;
  • Développer des mécanismes de financement des infrastructures de la finance islamique ;
  • Organiser une réflexion approfondie sur les mécanismes d’opérationnalisation de la finance islamique notamment en matière de partage des profits et des pertes ;
  • Mettre en place une Sharia Board au Cameroun (comité éthique) ;
  • Identifier clairement les projets compatibles avec la finance islamique ;
  • Faire du forum national sur la finance islamique un rendez-vous annuel ;
  • Bâtir un partenariat rapproché entre PA-SNFI/PAREC et le Programme d’appui au financement de la microfinance en mode islamique ;
  • Mettre en place une « Task Force » pour la mise en place des recommandations du présent forum.
Entités des Nations Unies impliquées dans cette initiative
PNUD
Programme des Nations unies pour le développement